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Don du sang en Auvergne : les défis des associations pour mobiliser donneurs et bénévoles (La Montagne le 06.03.18)
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En 2017, plus de 95.000 Auvergnats se sont présentés lors des collectes de sang organisées par l’Établissement français du sang (EFS) et la Fédération française pour le don de sang bénévole (FFDSB). Pour les accueillir, l’Auvergne compte 159 associations réparties dans les quatre départements.• Dans l'Allier, des experts médicaux auprès des associations

L’Allier, avec environ 15.534 donneurs pour 320.000 habitants est bien placée. « On est sacrément aidés par les associations ». EFS et associations de donneurs de sang sont en effet complémentaires. L’EFS, avec ses experts médicaux, a la compétence technique, il fidélise les primo-donneurs.

Les bénévoles, quant à eux, ont la connaissance du terrain, ils recrutent, ils font la promotion du don du sang, assurent le maillage du territoire.

Les jeunes, bien que pas assez nombreux, répondent présent. « Le problème est de les faire venir la première fois, car il y a une méconnaissance. Mais après une première collecte dans leur établissement, certains, à l’école infirmière de Vichy ou à l’IUT de Moulins, ont décidé eux-mêmes d’une deuxième collecte », relève le Dr Tabourneau.

Deuxième enjeu : la régularité du don. En période de congés, les dons diminuent de 5 à 15 %. « Si chacun donnait deux fois par an, il n’y aurait plus de problème d’autosuffisance ». Mais le caractère rural de l’Allier joue en sa faveur : « les gens viennent régulièrement aux collectes mobiles. C’est un rendez-vous que l’on se fixe à soi-même ».

Troisième enjeu : résoudre le problème des groupes de sang rares pour lesquels les besoins de transfusion sont de plus en plus importants mais où l’offre ne suit pas, en ce qui concerne certains groupes ethniques.

• Davantage de collectes au cours de l’année 2017 dans le Puy-de-Dôme

Les bénévoles assurent le maillage territorial essentiel aux collectes de l’Établissement français du sang, basées sur le volontariat et la gratuité.

« Dans le Puy-de-Dôme, nous sommes environ 700 répartis dans 53 associations, chiffre Monique Gire, présidente de l’Union départementale de la FFDSB. C’est un bon maillage par rapport à d’autres départements. C’est essentiel car, si les collectes mobiles existent, elles ne marchent pas aussi bien quand il n’y a pas d’association sur place pour assurer le relais. »

Dans les faits, les bénévoles de la FFDSB remplissent plusieurs objectifs : la sensibilisation des jeunes, la communication, l’organisation des collectes, qui passe par l’installation de la salle, la collation et l’accueil.

« Grâce à ces collectes, en 2017, 34.347 poches ont été collectées dans le département, soit une hausse de 10,8 % par rapport à 2016, précise René Trémoulet, trésorier de l’Union départementale. On est au-dessus des besoins du département puisque l’on exporte dans d’autres régions. »

Un bon chiffre possible grâce à ceux qui donnent de leur temps. Trop de temps ? C’est l’un des aspects qui effraient certains. Certains endroits, comme Saint-Rémy-sur-Durolle, Montferrand ou Clermont, manquent de bénévoles.

À Cébazat, Gérard Brun, président de l’association locale, est aux manettes. « Ce n’est pas du bénévolat à marner, sourit le président. Nous avons fait une étude sur l’association, c’est à peu près 2.500 heures par an consacrées au don du sang pour une vingtaine de personnes. »

Au-delà de la difficulté à trouver des bénévoles, c’est l’aspect financier qui inquiète Monique Gire. « Nous sommes aidés par les municipalités mais de moins en moins par le Conseil départemental avec des subventions en baisse ».

• Le Cantal bien pourvu en donneurs, moins en jeunes bénévoles

Les donneurs fidèles et l’ancrage des associations permettent au Cantal de compter un taux de participation aux collectes de dons du sang de 7,8 %. Et ce, malgré les difficultés pour attirer de jeunes bénévoles.

Dans un département où 10.000 poches de sang ont été collectées en 2017, les associations peuvent se targuer d’un maillage du territoire efficace.

Quand l’Établissement français du sang (EFS) se charge de coordonner les collectes, les bénévoles, eux, se mobilisent sur le terrain, dans les salles polyvalentes, les établissements scolaires, les entreprises.

« Nous sommes un département rural avec un tissu associatif important, décrit Corinne Mompeyssin, responsable du site transfusionnel d’Aurillac de l’EFS. Les gens sont généreux ici, donc on atteint un taux de 7,8 % de participation aux collectes. »

La difficulté reste de « trouver de nouvelles personnes en âge de donner leur sang ». Un écueil constaté par le président de l’Union départementale (UD 15), Albert Vinas. Malgré les 500 à 600 bénévoles, les 24 associations peinent à « fidéliser des groupes de jeunes ».

Certains ont bien été constitués mais, très vite, les membres se sont éparpillés. « On a du mal à avoir une continuité dans les établissements scolaires, regrette Albert Vinas. On n’est pas en prise directe avec eux, alors que les jeunes attirent les jeunes. »

Si le nombre de collectes demeure stable dans le département, et les dons en progression après une mauvaise année 2015, le président de l’UD 15 garde en tête l’objectif de voir les bénévoles s’investir jusqu’à la prise de responsabilité, l’autre ombre au tableau. « Certaines associations ont le même bureau depuis trente ans. C’est difficile de les renouveler. »

• La Haute-Loire deux fois plus généreuse que la moyenne

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en France, 4 % de la population en âge de participer aux collectes donne son sang. En Haute-Loire, le taux grimpe à plus de 9 %.

« C’est le cas depuis plusieurs années. Dans le monde rural, dans les campagnes, il y a plus de générosité. » Claude Hivert préside l’Union départementale de toutes les associations de donneurs de sang de Haute-Loire. Nouveau venu à ce poste, il a auparavant été secrétaire de l’Union départementale et préside l’association locale de Monistrol-sur-Loire depuis une quinzaine d’années. Lui, donne son sang depuis trente-huit ans.

L’un des avantages de la Haute-Loire, c’est que les associations de donneurs organisent des collectes aux quatre coins du département. Il y a toujours une possibilité de donner pas très loin de chez soi. Au sein des 45 associations fédérées, plusieurs centaines de bénévoles organisent ainsi les collectes en partenariat avec l’Établissement français du sang et assurent la promotion du don.

« Bien sûr, plus on est, mieux c’est pour organiser les collectes, mais cela fonctionne bien aujourd’hui. On a des personnes très dévouées. » La preuve ? En 2017, en Haute-Loire, les associations de donneurs ont organisé 148 collectes.

Pour autant, dans certains secteurs, les collectes attirent moins de monde que par le passé. « Avant, on faisait au moins 130 dons à chaque collecte, se souvient Guy Brunel, ancien président de l’association locale de Siaugues-Sainte-Marie. Aujourd’hui, une bonne journée c’est 35 donneurs. »

Pour Claude Hivert, tout se joue auprès de la jeunesse. « Il faut informer la population très jeune. Et puis, il faut toujours en parler… Quand on fait une campagne, on voit que les donneurs se remobilisent.